08/02/2008

Le "Fournil" rouvre ses portes

Le « Fournil » rouvre ses portes après le meurtre

Sur les traces de Pascal

 

Les clients sont nombreux ce mercredi matin à se presser au comptoir du Fournil, à Jamioulx. La routine a repris ses droits dans cette boulangerie, théâtre d'une tragédie le 5 novembre dernier. Cette nuit-là, quatre jeunes sont entrés dans la partie privative pour y commettre un vol. Vol qui s'est soldé par la mort de Pascal Hennuy, abattu d'une balle en pleine poitrine.

Mis sous scellés pour les besoins de l'enquête, le Fournil restait désespérément clos. Mais dans l'ombre de son chagrin, Dominique Hennuy entretenait le contact avec sa clientèle. Une photo de Pascal, un petit mot de remerciement et puis les premiers pains qui font leur apparition dans les distributeurs installés devant la boulangerie. « Jamais je n'ai envisagé de remettre la boulangerie, déclare Dominique Hennuy. C'est ce que Pascal aurait voulu. Son métier, c'était sa passion. Et c'est devenu la mienne. Il n'aurait pas apprécié que je reste inactive. »

Petit bout de femme contrastant avec son grand gaillard de mari, Dominique Hennuy a pris le taureau par les cornes, surmontant la tristesse et le vide. Déjà, les clients affluent, dont le boulanger à la retraite chez qui Pascal Hennuy a fait ses débuts dans le métier. Tous ont un petit mot d'encouragement pour Dominique.

FRÉDÉRIC DUBOIS                                                                                           Le Soir,  7 février 2008

 

"Le pain, c'est ma vie”

 

Trois mois après le meurtre de Pascal Hennuy, la boulangerie deJamiuolx rouvre ses portes

 "Jamais je n'ai pensé remettre la boulangerie. Pascal n'aurait pas voulu ça. Son métier, c'était sa passion.” Trois mois après le meurtre de son mari boulanger, Dominique Hennuy a trouvé le courage de rouvrir le Fournil.

Hier matin, l'odeur du bon pain embaumait à nouveau la place communale de Jamioulx. Comme au temps où Pascal Hennuy chantait gaiement dans son atelier, sa pelle à la main. Mais, le 5 novembre, quatre jeunes malfrats sont entrés chez lui pour y commettre un vol. Ils ont abattu Zeus, son beauceron, avant de le tuer d'une balle dans la poitrine, parce qu'il tentait de résister.

Les enquêteurs n'ont pas mis longtemps à pincer Laurent Cherpion, 23 ans, Abdelah Mostefa, 18 ans, et trois autres mineurs déjà rodés à la grande criminalité.

Dotée d'une force morale incroyable, Dominique Hennuy a pu surmonter la douleur et l'absence pour rallumer les fourneaux. Les Jameloviens avaient gardé l'espoir : un petit mot de remerciements sur la porte, les distributeurs de pains qui se remplissent et puis, enfin, l'annonce de la réouverture. "J'ai tout repris à ma charge et engagé Jean-Marc Arrigoni comme ouvrier”, explique Dominique. "Il fallait quelqu'un de très expérimenté pour égaler Pascal. Quant à moi, je ne pouvais être au four et au moulin. Nous avons effectué un stage à Reims pour apprendre les subtilités des spécialités françaises comme la baguette cuite sur pierre, le pain au levain ou le pavé briard.”

Les clients ont accueilli la nouvelle avec joie. "J'ai reçu beaucoup d'encouragements”, poursuit ce petit bout de femme au courage extraordinaire. "Une dame est entrée les larmes aux yeux. Ils voulaient tous retrouver notre pain. Pascal serait fier. Je sais qu'il veille sur moi de là-haut. Et puis, la boulangerie, c'est ma vie.”

Derrière les fourneaux, c'est aujourd'hui Jean-Marc Arrigoni qui s'active. Le boulanger n'est pas un novice. Avec 34 ans d'expérience, il a roulé sa bosse partout, y compris en Italie. Passionné par son métier, comme l'était Pascal Hennuy, il n'a qu'une maxime à la bouche : "Le pain, c'est la vie”. Et elle est revenue, au Fournil de Jamioulx.

Frédéric Dubois                                                                                            La Dernière Heure, 7 février 2008 

Après le meurtre, le Fournil revit

L'épouse de Pascal Hennuy, tué il y a trois mois par des voleurs, a trouvé le courage de rouvrir la boulangerie de son défunt mari.

Il en aura fallu du courage à Dominique Hennuy pour rouvrir la boulangerie de son mari Pascal, assassiné par de jeunes voleurs le 5 novembre 2007. Et pourtant, trois mois après le drame, le " Fournil " a rouvert ses portes et la place communale de Jamioulx sent à nouveau le bon pain frais. " Jamais je n'ai pensé remettre la boulangerie. Pascal n'aurait pas voulu ça. Son métier, c'était sa passion ", déclare Dominique Hennuy alors que les clients se bousculent déjà devant son comptoir. La vie renaît dans la boulangerie, comme si le drame d'il y a trois mois n'était plus qu'un très mauvais souvenir.

Cette nuit-là, quatre jeunes sont entrés dans la partie privative pour y commettre un vol. Rancardés par un jobiste, l'équipée nocturne savait que Pascal Hennuy, l'artisan du pain, détenait une somme d'environ 6000 euros pour s'acheter un divan. Habitués à faire usage de leurs armes, les auteurs n'ont pas hésité à abattre Zeus, le beauceron qui gardait le commerce. Réveillés par le vacarme, Pascal Hennuy et son épouse Dominique sont descendus. Le boulanger a semble-t-il tenté de se défendre et la riposte ne s'est pas fait attendre : l'un des jeunes truands a ouvert le feu, le tuant d'une balle en pleine poitrine.

Les enquêteurs de la police fédérale n'ont mis que peu de temps à arrêter cette bande. Abdelah Mostefa (18 ans) et Laurent Cherpion (23 ans) croupissent pour l'instant en prison. Leurs trois complices mineurs sont quant à eux en attente d'un dessaisissement du juge de la Jeunesse pour les juridictions d'assises.

Placée sous scellés, la boulangerie est restée fermée de longues semaines, au grand dam des habitués. Parfois, Dominique Hennuy apposait un petit mot de remerciement sur sa devanture. Puis, récemment, les distributeurs de pains se sont à nouveau remplis. C'était le signe que la boulangère avait repris le dessus sur la tristesse. L'espoir de voir le " Fournil " rouvrir n'était plus une utopie.

Et ce mercredi matin, les Jameloviens étaient pressés de retrouver les saveurs du pain du " Fournil ". Tous avaient un petit mot d'encouragement pour Dominique Hennuy. " Une dame est même entrée les larmes aux yeux ", raconte ce petit bout de femme qui contraste avec le gabarit de son défunt mari. " Ils voulaient tous retrouver notre pain. Pascal serait fier de moi. Je sais qu'il veille sur moi de là-haut. Et puis, la boulangerie, c'est ma vie ".

Outre le caractère sentimental, le défi était de taille. Pascal Hennuy était un artisan du pain. Il fallait donc retrouver quelqu'un d'aussi expérimenté et passionné. C'est finalement Jean-Marc Arrigoni que Dominique a choisi. Le boulanger n'est pas un novice : avec 34 ans d'expérience, il a roulé sa bosse partout, y compris en Italie. Passionné par son métier, comme l'était Pascal Hennuy, il n'a qu'une maxime à la bouche : " le pain, c'est la vie ". " Quant à moi, je ne pouvais pas être au four et au moulin ", ajoute la boulangère. " Nous avons effectué un stage à Reims pour apprendre les subtilités des spécialités françaises comme la baguette cuite sur pierre, le pain au levain ou le pavé briard ".

La vie a bel et bien repris ses droits au " Fournil ".

Frédéric Dubois, Vers l'Avenir, 7 février 2008 

 

 

09:07 Écrit par Karelkoning1 dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

J'ai quitté Jamioulx il y a 4 ans... et comme tout le monde, j'achetais mon pain au Fournil. Et même depuis mon déménagement, quand je passais par là, je ne ratais jamais l'escale au distributeur de pains. C'est terrible ce qu'il s'est passé là. Et je salue le courage de cette petite dame qui paraissait pourtant si fragile.

Il y a quelques mois, j'ai fait un joli cliché du barrage, derrière mon ancien "chez moi"...
http://billetdepimousse.over-blog.org/article-7207512.html
Si vous voulez l'utiliser pour ce blog, n'hésitez pas. Il y a des milliers de vues magnifiques à Jamioulx. Il serait dommage d'abandonner ce blog.
A bientôt

Écrit par : Gi | 10/03/2008

Si il n' y a qu' un seul site immobilier a retenir c'est pas la peine de chercher bien loin: le meilleur site immobilier pour déposer une annonce aujourd' hui c'est celui-la.

Écrit par : enfoxenia | 04/03/2012

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